Né en 1872 à Cameroontown (actuelle Douala,) Rudolf Manga Bell possède une illustre ascendance, puisqu’il est le petit fils de Ndoumbé Lobé (King Bell, 4ème de la dynastie des Bell fondée en 1792). Il effectue ses études à l’école primaire de Douala et intègre par la suite le lycée d’Ulm, en Allemagne, puis emménage à Bonn afin d’y étudier le droit à l’Université.

Il rentre au Cameroun en 1896. Un an plus tard, son grand-père meurt, et son père lui succède, devenant ainsi le 5 ème chef supérieur de la dynastie des Bell. Le 2 septembre 1908, son père décède à son tour; Rudolf devient alors chef du clan à son tour, il est intronisé en 1910 par le chef des Bonaberi (le clan des Bell contenant les Bonapriso, et Bonadoumbé, et Bonamandone). Rudolf Douala Manga Bell était désireux de maintenir la paix et l’unité de son clan, aussi, il s’efforçait d’entretenir des rapports cordiaux avec les peuples voisins.
Toutefois, il eût maille à partir avec les autorités allemandes qui, entre autres, l’accusèrent – sans aucune preuve – en 1910, d’avoir participé à un braquage de banque. L’année 1910 marque par ailleurs un tournant dans les rapports entretenus par Rudolf Douala Manga Bell avec l’Allemagne.

En effet, le gouvernement allemand souhaitait expulser les Douala afin de mener à bien un projet d’urbanisation qui prévoyait de dresser une ville habitée par des colons européens, tandis que les populations proches de la rivière Wouri (à savoir les Akwa, Bell, Deido et Bonapriso – les Bonaberi vivant sur la rive opposée du Golfe de Guinée n’étaient donc pas concernés) seraient expulsées vers l’intérieur des terres. Le projet d’urbanisation comprenait également l’établissement d’un « no man’s land » d’une dizaine de kilomètres entre les Douala et la ville coloniale. Rudolf Bell se souleva contre ce projet qu’il jugeait honteusement proche de l’apartheid.

En 1911, il écrivit une lettre officielle au Reichstag (le parlement allemand) qui fut totalement ignorée. Une seconde lettre fut envoyée à Theodor Seitz (gouverneur allemand du Cameroun). Ce dernier, en réaction, démit Rudolf Bell de ses fonctions auprès des autorités allemandes, car celui-ci évoquait une rupture de l’accord de 1884 entre l’Allemagne et les Douala, qui prévoyait que les terres devaient être cultivées et devaient appartenir exclusivement aux natifs du Cameroun.

En 1914, la tension est à son paroxysme entre les Allemands et les Doula; Rudolf Bell n’ayant eu de cesse de s’insurger et de mener des actions publiques de résistance envers ces expropriations, l’affaire finit par prendre desproportions importantes en Allemagne.

Début août 1914, Rudolf Bell prend contact avec des chefs de l’intérieur du pays parmi lesquels on peut citer ceux de Yaoundé, Banyo, Ngaoundéré, Bali, Baham ou Dschang. Alors informée de cette tentative de ralliement, l’Allemagne – en la personne de son secrétaire d’État aux colonies, M. Solf – arrête Rudolf Manga Bell au motif de « haute trahison ».

Il est pendu le 8 août 1914.

Source : docsafros.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

3 × cinq =