femme noire

Quelle est la place de la femme dans la société africaine et dans la pensée africaine authentique ?

Il faut savoir tout d’abord que la société africaine est une société matriarcale à l’ origine. Ça signifie que la femme est considérée comme le pilier de l’édifice africain, à tous les niveaux.

Dans la pensée africaine authentique, la femme est considérée comme celle qui donne la vie aux êtres humains. Elle est donc considérée comme à l’origine  de la création de la famille et par extension de la société humaine (puisque tous les êtres humains sont nés d’une femme). C’est donc la femme qui est le pilier de la cellule familiale et la maîtresse de maison.

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Dans la pensée africaine, au cours de l’acte sexuel, l’homme ne donne que la semence spermatique, rien de plus. Mais c’est à  l’intérieur de la femme que tout le processus (grossesse, accouchement, etc..) qui aboutira a la naissance d’un être se fait. Après la naissance de l’être humain, cet être humain doit se nourrir et rester en vie. Or la femme,  âpres avoir donné la vie à l’être (le bébé), est celle la même qui a le pouvoir de préserver et de maintenir cette vie naissante au moyen de l’allaitement.

Donc dans la pensée africaine, c’est la femme qui à le pouvoir de donner la vie (par l’accouchement et la naissance), et qui a aussi  le pouvoir de préserver la vie (rôle nourricier, par l’allaitement)

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La pensée africaine profonde considère aussi que la filiation maternelle est plus sure que la filiation paternelle. Ce qui est logique car lorsque la femme accouche on voit que l’enfant sort de son corps, on est donc sur que l’enfant qui est né est le sien et qu’elle en est la mère.  L’homme ne pouvant pas faire une telle démonstration de sa paternité sur un enfant, c’est la femme (puisqu’elle sait avec qui elle a fait l’enfant), qui peut véritablement  identifier le père de son enfant ou dire à un enfant qui est son père.  Sans elle l’homme ne peut par exemple pas avoir de descendance. C’est donc elle qui permet véritablement à l’homme d’être père. Elle assure l’équilibre de la famille et les liens entre les enfants et le père.

Tous ce genre de considérations ont fait qu’en Afrique, à l’origine,  les enfants sont considérés comme appartenant plus à leur famille maternelle qu’a leur famille paternelle. Ceci ce matérialisait par le fait que autrefois la transmission du statut social, du nom, etc.… passait par la lignée maternelle, les enfants portaient le nom de leur mère, etc…

La femme dans la pensée africaine, est considérée comme l’incarnation par excellence de la vertu, de l’ordre,  de la justice, de la stabilité, de la durabilité, et des valeurs morales à tous les niveaux. C’est pourquoi dans le cadre de la famille, c’est elle qui à  la charge d’éduquer les enfants et de leurs transmettre les valeurs morales. Les enfants étant l’avenir de la société ou d’un pays (puisqu’ils deviennent des adultes plus tard) c’est pourquoi en Afrique on dit : qui éduque une femme éduque une nation.

Cette pensée (la femme comme vecteur de l’ordre, de l’harmonie, de la vertu, etc..) a fait qu’en Afrique dans la pensée africaine, les femmes devaient figurer nécessairement dans toutes les institutions politiques,  sociales, religieuses des civilisations africaines afin de réguler ces institutions et de garantir leur bon fonctionnement, sous formes de lobbys, ou d’institutions officielles. Et on ne pouvait pas prendre de décisions importantes  à l’échelle d’un royaume ou d’un empire africain, sans tenir compte de l’avis des femmes. C’est souvent des institutions comme  les conseils des femmes (sortes de lobbys féminins) qui étaient consultés, avant de prendre des décisions finales ou définitives.

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Maat ou la femme comme incarnation de la justice, de la vertu, de l’ordre, de l’harmonie, de la stabilité et de l’ensemble des valeurs morales (vérité, justice, droiture équité, etc.)

Dans pensée africaine la femme et l’homme sont de même nature (égalité des sexes et égalité en toutes choses). Par conséquent l’Afrique n’avait pas de problèmes d’égalité des sexes, d’infériorité ou de supériorité de la femme ou de l’homme, etc.… dans les civilisations africaines.  Et dans les sociétés africaines  la femme jouissait pleinement de ses droits et de ses statuts. Elle avait accès à la formation, etc.…  et elle pouvait travailler, aller au champ, faire la politique, etc. Les femmes étaient donc présentes à tous les niveaux dans la société.

La femme pouvait être mathématicienne. Ex Peseshet, mathématicienne de renom de l’époque pharaonique.

Elle pouvait être ministre, premier ministre, ingénieur,  etc.…  

Elle pouvait être militaire,  guerrière ex les femmes guerrières au Dahomey appelées amazones,   ou les femmes guerrières dans l’empire Ashanti.  Le fait que l’Afrique à  eu des femmes guerrières, montre que nos ancêtres ne prenaient pas la femme  comme quelqu’un de faible ou sans force (image que les gens se font des femmes aujourd’hui). 

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Vétérantes femmes guerrières au Dahomey

Elle pouvait être Prêtresse, et monter sur le trône royal : Ex la Reine Pokou, la Reine Hatchepsout, la reine Ranavalona, la Reine Nzinga, les Reines de Nubie, etc… L’Afrique est d’ailleurs le continent qui  a eu le plus de femmes de pouvoir (reines) au cours de son histoire.

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La légendaire reine Ngola Mbandi Nzinga Mbandi kia Ngola, de Ndongo et Matamba (Angola).

Enfin au niveau de la spiritualité,  pour nos ancêtres le créateur (qui possède plusieurs facettes), possède la double nature mâle et femelle, ce qui lui permet de créer les êtres (humains, animaux, etc.…) sous la forme mâle et femelle. Mais pour nos ancêtres, la femme en tant que celle qui donne la vie (la source de la vie, etc..), en tant qu’incarnation de la justice, et des valeurs morales, etc… est l’incarnation même de la nature première du divin. Ça signifie que pour nos ancêtres le créateur dans sa double nature (mâle et femelle) est d’abord fondamentalement de nature féminine avant d’être de nature masculine.

La femme et le divin sont donc  intimement liés. Dans les fresques de la vallée du Nil (civilisation pharaonique)  par exemple il n’échappe à personne que la femme est énormément représentée comme divine (a travers les déesses).  C’est pourquoi en Afrique, il existe des adages et proverbes populaires  illustrant cette pensée parmi lesquelles ont peut citer ce célèbre adage très connu qui dit que: ce que femme veut, Dieu veut.

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Aissata , Asétou (Isis)  ou la Femme en tant que divinité par excellence

Voila ainsi esquissée brièvement la place de la femme dans la société africaine authentique. Si aujourd’hui l’Afrique est dans cet état, c’est a cause de l’intrusion en Afrique des peuples envahisseurs (européens et sémitiques) qui ont tenté d’imposer a l’africain au moyen de l’esclavage,  de la colonisation et de l’aliénation, leur culture.

Il convient de rappeler ici que les peuples sémitiques sont patriarcaux. Dans ces systèmes c’est l’homme qui est mis en avant.  Dans le contexte sémitique  la femme si  elle n’est pas perçue comme objet de plaisir sexuel pour l’homme  ou objet de procréation, est perçue comme un être fondamentalement inférieur à l’homme,  ayant une tendance naturelle à faire le mal et le péché. Elle est aussi perçue étant à la source des malheurs de l’humanité.  Cette idée est véhiculée à  travers les religions dites révélées (Judaïsme, Christianisme, Islam).   On peut voir cela dans l’histoire biblique du jardin d’Eden par exemple. C’est pourquoi dans la bible on explique que c’est la femme (Eve) qui a pactisé avec le mal en premier  puisqu’elle rencontre et s’entend avec le serpent dans le jardin d’Eden,  avant de manger le fruit défendu, de le proposer a l’homme (qui le mange aussi a cause de la femme qui le lui a donné), entrainant ainsi l’humanité dans le péché, dans la mort et le cycle du mal tel qu’il défini dans ce livre religieux.

Dans le livre de la genèse chapitre 3 versets 16, le créateur dans la Bible dit à la femme : « tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi ».

Un tel passage suggère par exemple que la domination de la femme par l’homme est voulue par Dieu lui même et que par conséquent la femme doit se soumettre à l’homme car se soumettre à l’homme c’est se soumettre à la loi divine puisque c’est Dieu qui souhaite (d’âpres ces textes des religions révélées) que la femme soit dominée ainsi par l’homme.

Des versets écrits  similaires, on en retrouve dans tous les textes des religions dites révélées (judaïsme, christianisme et islam).

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Les religions dites révélées (Judaïsme, Christianisme, Islam), religions ennemies de la femme en général, et de la femme noire en particulier

Lorsque les religions dites révélées (Judaïsme, Christianisme, Islam) sont entrées en Afriqueelles ont inculqués ces idées d’infériorité et de soumission de la femme aux noirs, c’est ainsi que le statut de la femme africaine s’est dégradé de manière importante en Afrique de nos jours.

Dans le monde européen et occidental, c’est aussi le patriarcat. Dans ces systèmes c’est l’homme qui est mis en avant. Depuis l’antiquité, si  elle n’est pas perçue comme objet de plaisir sexuel pour l’homme  ou objet de procréation,  la femme européenne était considérée comme fondamentalement inférieure à l’homme.   La femme européenne n’avait pas de statut clairement défini, pas accès a l’éducation, à la formation, etc.…  elle était oppressée continuellement  et était privée de tous les droits fondamentaux pendant très  longtemps.

Même au moment de la désormais célèbre déclaration des droits de l’homme, en 1789 soit au 18 eme siècle, il convient se rappeler que la charte des droits de l’homme qu’on présente aujourd’hui comme une charte humaniste , était à l’origine une charte faite par les hommes etpour les droits des hommes uniquement, au sens masculin du terme. Les femmes ne faisaient pas partie de cette charte, et n’avaient donc toujours pas de droits.  Révoltée de ce fait,  une femme française dénommée Olympe de Gouges a écrit une déclaration des droits de la femme. Elle fut arrêtée et tuée à  cause de cela car toute la classe masculine était choquée qu’une femme ait  osé mettre la femme et l’homme sur le même pied d’égalité, en disant (à travers sa  déclaration des droits de la femme) que la femme à des droits.

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Olympe de Gouges

Ce n’est qu’au  20 ème siècle, que la situation des femmes  à un peu « évolué ».  Mais même aujourd’hui encore malgré un féminisme en apparence et une émancipation de façade, la femme en occident  est loin d’avoir gagné son combat pour la liberté et la dignité humaine.

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Affiche publicitaire européenne du 20 eme siècle (donc très récente) ou on voit la femme européenne encore considérée implicitement comme le marchepied ou le tapis sur lequel l’homme s’essuie les pieds. l’idée de domination de la femme par l’homme y est évidente, de même que l’idée de l’infériorité de la femme. la femme y est représentée même pas comme une personne mais comme une chose, un objet, (ici un tapis), une chose sur laquelle on marche, une chose qu’on écrase et qu’on piétine.

L’esclavage et la colonisation ayant eu lieu avant le 20 eme siècle, les noirs ayant été envahis, leurs structures étatiques et royaumes ayant été progressivement vaincus et détruits,  Ils ont subi les lois de leurs envahisseurs. Ainsi comme dans l’esprit de l’européen de cette époque la femme n’avait pas de droits et était interdite de plein de choses, en Europe même,  c’est ainsi que dans les systèmes coloniaux et l’enseignement des missionnaires, les colons  interdisaient aux femmes noires plein de choses comme cela se faisait déjà en Europe , ont répandu le patriarcat en masse en Afrique, etc..

Toutes ces choses on eut pour effet de briser le statut social de la femme en Afrique. Cette idée selon laquelle l’africain est macho, ou que la femme est faible, ou ces problèmes d’émancipation de la femme ou de dépendance à l’homme, etc.…  sont arrivées en Afrique par l’intrusion des cultures étrangères et des religions révélés en Afrique.  Et maintenant aujourd’hui ceux qui ont détruit le statut la femme en Afrique en colonisant et en aliénant les noirs,  se présentent en Afrique comme des donneurs de leçon, présentant l’Afrique comme la terre ou la femme n’a jamais été émancipée ou libre, tout en présentant leurs pays en occident comme les champions de l’égalité des sexes !!

Sinon en tout état de cause, la tradition africaine est féministe par essence et la femme y possède une place de choix en tant que pilier de toute la société. La femme a toujours compté en Afrique,  pour résoudre le problème de l’émancipation de la femme en Afrique, l’Afrique n’a pas besoin de concepts comme le féminisme ou comme l’égalité des sexes, etc..  Pour résoudre le problème de la femme en Afrique, il faut juste que l’Afrique retourne à ses traditions ancestrales car nos ancêtres dans la tradition ancestrale  avait déjà résolu tous ces problèmes depuis des millénaires !  

Hotep !

 

Source – africanhistory-histoireafricaine.com

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