Lumières sur les origines du peuple Batcham installé dans les hauts plateaux de l’Ouest Cameroun.

Vers le milieu de XVIIIème siècle, sous la conduite du généralissime Fùo Patuo, des conquérants arrivèrent sur les pentes orientales des «Mangwa»  et s’implantèrent sur les lieux qu’ils baptisèrent Nzié. Plus tard, le leader Fùo Patuo se détacha avec ses soldats constitués essentiellement de chasseurs, artistes et artisans. Avec eux, il fonda le royaume qui sera connu sous l’appellation de « La’atsoon » (Batcham).
En effet, après la réorganisation du pouvoir à Nzié, Fùo Patuo se sent lésé dans le partage des rôles et se décide à aller reconstituer ses forces afin d’arracher le pouvoir qu’il considère comme sien. Mais plutôt que de reconquérir Nzié, il fonde un royaume qui mettra à genou tous les voisins. Il est malheureusement freiné dans ces élans de conquête spatiale par l’administration coloniale.
Le royaume que Fùo Patuo fonde a pour noyau « Lena », où il s’implante après avoir soumis les principautés de « Tsinla’a » et « Taki ». Sous le coup de la fatigue et de l’age, Fùo Patuo ne parvient pas à assoir véritablement son pouvoir. C’est en fait un certain LONGOUO qui, ayant implanté sa chefferie à « Pou’goung », à la suite d’une dispute du trône à « Bamétim » avec son frère jumeau NCHEUGOU’OU, organise l’assemblée en utilisant un moyen peu ordinaire pour peupler le nouveau royaume. Ceci étant, il embrasse tout rejeté, parias et déshérité en quête de protection. Ceci lui vaudra le pseudonyme de Fùo Tsaabon, devenu Batcham avec les européens.
Batcham littéralement signifie donc « le pays de ceux qui ont pitié, des miséricordieux ; de ceux qui ont la paix dans la main gauche et l’amour dans la main droite ». Aujourd’hui, grâce au dynamisme de ses fils, Batcham est une chefferie de 1er dégré comparable à un Etat moderne de part sa strcuture et son organisation. Un térritoire bien délimité (La’atsoon ), une population bien définie (Patsoon ) et un pouvoir réel (Lefùotsoon). La réalité de cette communauté n’est pas différente de celle des autres au pays Bamiléké. Ainsi, la structure sociale monte de la base au sommet : peuple (Là), nobles (Mékem) et chef (Fùo).

 Le Masque Batcham

masque batch

Le Masque Batcham est une imposante sculpture représentant la tête d’un tout, ou comme le disent certaines personnes celle d’un hippopotame (Dzetsshe) émergent des eaux. Il est  exécuté par rapport à deux plans: le plan vertical formant deux lobes juxtaposés légèrement concaves et décorés de losanges concentriques; le plan horizontal comprends deux joues massives et proéminentes dont le dessus aplati supporte de grands yeux ovales, entourés de minces paupières encadrant un large nez à larges narines; une énorme bouche ouverte laissant apparaitre des dents faites de stries, s’appuient contre les joues. La tête est supportée par un cou ou un col cylindrique, décore d’un relief cylindrique évoquant une corde. Ce cou est similaire à celui d’un taureau. Le masque est fait d’un bois érodé par endroit, à patine brun miel, attaques d’insectes. Sa hauteur d’origine est de 77 cm.

Structure du Peuple Batcham

Le pouvoir, centralisé, est exercé par un Fùo, aidé dans sa lourde tâche par un conseil de neuf (Mékemlepfwoo), des septs (Mékumsoonmbua), et des (Wala) formant respectivement le conseil législatif, exécutif et judiciaire. A ce jour, les chercheurs indiquent que onze (11) Souverains se sont succédés sur le trône Batcham depuis sa création. Par ordre chronologique nous avons : Fùo Patuo, Fùo Lungùo (encore appelé Fùo Minan), Fùo Cùo, Fùo Keyami, Fùo Yempie (et même Talondepa’), Fùo Talonjou (où Tanju), Fùo Fomékong, Fùo Fopa, Fùo Djatio’ de nouveau, Fùo Tatang et Fùo Sonkwe le défunt chef. Le siège des institutions a quant à lui connu quatre (04) sites différents : Léna, Pu’gwon, Nki et Tsaala’. En grands défenseurs de leur territoire, les batcham n’ont pas hésité à recourir à la violence pour revendiquer leur espace vital contre toutes les chefferies voisines envahissantes. Cela a valu aux Batcham le qualificatif de npeuple guerrier par un Administrateur colonial français. Nonobstant les différentes conquêtes, les Batcham vivent aujourd’hui à l’étroit (près de 1000 habitants au km), ce qui pourrait justifier la présence de nombreux fils Batcham hors du village. Tous ayant compris que l’on peut être partout chez soi, sans pour autant oublier ses origines

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

trois × un =