L’Almamy Samory Touré (ou Samori Touré), né vers 1830 à Miniambaladougou, dans l’actuelle Guinée, tombé à Guélémou, actuelle Côte d’Ivoire, et décédé le 2 juin 1900 à Ndjolé, actuel Gabon, fut le fondateur de l’empire Wassoulou ; il résista à la pénétration et à la colonisation française en Afrique de l’Ouest.

Né vers 1833 à Miniambaladougou (actuellement au sud-est de la Guinée), ce fils de marchand dyula (Dioula) grandit dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation du fait du nombre croissant de contacts avec les Européens. Le commerce avec l’Europe avait rendu riches certains États africains, pendant qu’une utilisation croissante des armes à feu modifiait la guerre traditionnelle. Ses parents avaient abjuré l’islam pour se convertir au paganisme.

En 1848, la mère de Samory, Sokhona Camara, fut capturée pendant un raid mené par Sory Bourama, du clan Cissé, et réduite en esclavage. Ne disposant pas de l’argent nécessaire pour la racheter, il dut, pour obtenir la libération à terme de sa mère, se mettre au service des Cissé auprès desquels il apprit le maniement des armes. D’après la tradition, il resta à leur service « sept ans, sept mois, sept jours».

Il s’engagea ensuite pour deux ans dans l’armée de Saransware-Mori, faama (dirigeant militaire) des Bérété, ennemis des Cissé, avant de rejoindre son propre peuple, les Camara. Nommé kélétigui (chef de guerre) à Dyala en 1861, Samory prononça le serment de protéger son peuple contre les Bérété et les Cissé. Il créa une armée professionnelle et nomma ses proches, notamment ses frères et des amis d’enfance, à des postes de commandement.

En 1864, El Hadj Umar Tall, le fondateur d’un empire en pleine expansion qui dominait la région du Haut Niger, l’Empire Toucouleur, mourut. Tandis que cet empire se désagrégeait, les généraux et les dirigeants locaux luttaient pour créer leurs propres États.

En 1867, Samory était un chef de guerre à part entière, possédant sa propre armée regroupée à Sanankoro dans les hautes-terres guinéennes, sur les bords du Haut-Milo, un affluent du fleuve Niger, et il comprit vite qu’il avait deux tâches primordiales à accomplir : créer une armée efficace et loyale dotée d’armes à feu modernes, et construire un État stable. C’est à cette époque qu’il se convertit à l’islam, conscient que la cohérence de son royaume reposerait notamment sur la religion. Du reste, le titre d’« almami » qu’il adopta en faisait un chef à la fois temporel et spirituel.

En 1876, Samory put importer des fusils à chargement par la culasse par l’intermédiaire de la colonie britannique de la Sierra Leone. À la tête de son armée, composée essentiellement de fantassins armés d’un sabre, d’un poignard et d’un fusil, il conquit le district de Buré dans la ville de Siguiri, riche en or (actuellement à cheval sur la frontière entre la Guinée et le Mali), en vue de renforcer ses finances. En 1878 il était assez puissant pour s’autoproclamer faama (« dirigeant militaire ») de son propre Empire Wassoulou. Il fit de Bissandougou sa capitale et entama des échanges commerciaux et diplomatiques avec l’Empire Toucouleur voisin et déclinant.

En 1881, après une dure lutte, Samory fut capable de sécuriser son emprise sur Kankan, ville clé du commerce Dyula, située au bord du Haut-Milo. Kankan était un centre du commerce de la noix de kola, stratégiquement positionné pour contrôler les routes de commerce avoisinantes. En 1881, le Wassoulou s’étendait en Guinée et au Mali, depuis l’actuel Sierra Leone jusqu’au nord de la Côte d’Ivoire.

Pendant que Samory conquérait les nombreux petits États tribaux qui l’entouraient, il manœuvrait aussi pour sécuriser sa situation diplomatique. Il entama des relations régulières avec les Britanniques au Sierra Leone, et tissa des liens prometteurs avec l’État théocratique du Foutah Djallon.

À la fin des années 1870, les Français commencèrent leur expansion en Afrique de l’ouest, à partir de l’est du Sénégal, avec pour but d’atteindre le haut Nil dans le Soudan actuel. Ils cherchèrent aussi à progresser vers le sud-est pour atteindre leurs bases en Côte d’Ivoire. Ces mouvements les conduisirent à un affrontement direct avec Samory.

En février 1882, une expédition française attaqua une des armées de Samory qui assiégeait Keniera. Samory réussit à repousser les Français, mais il fut effrayé par la discipline et la puissance de feu des armées européennes.

Samory essaya de neutraliser les Français par plusieurs moyens. Premièrement, il étendit sa domination vers le sud pour sécuriser une ligne de communication avec le Liberia. Quand une expédition menée par le gouverneur colonial français du Soudan, Antoine Combes, tenta en 1885 de prendre possession des mines d’or de Buré, Samory contre-attaqua. Divisant son armée en trois colonnes mobiles, il réussit à menacer gravement les lignes de communication françaises obligeant ses adversaires à se replier.

Source – culture-kamite.com

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