Nous sommes au mois de Septembre, le mois qui a vu passer de vie à l’immortalité, l’un des plus brillants des Kamerunais, le Mpodol Ruben UM NYOBE.

De 1952 à 1954, il ira à trois reprises aux Nations Unies pour poser le problème Kamerunais, déclenchant ainsi le courroux de la France qui, chaque audience, mettait en face des délégués camerounais pour tourner en dérision les revendications du MPODOL. Lors de sa dernière intervention, il constatera et dénoncera la complicité des Nations Unies.

Préparés par l’administration coloniale française, les émeutes de 1955 constituent un tournant décisif de la lutte de libération nationale . 13 juillet 1955 l’UPC est interdite et dans la foulée, un mandat d’arrêt est délivré à l’encontre de Ruben UM NYOBE qui se replie dans le maquis. ils reste néanmoins très actif : Il accorde des interviews à la presse française, lancé un appel à l’Union nationale, fait des publications , contribue à la rédaction du programme minimum qui donnera lieu au Courant d’Union Nationale qui tiendra son congrès du 3 au 5 octobre 1956 à Dibombari…

En juillet 1957, Pierre MESSMER est nommé par Gaston DEFFERE haut commissaire du Cameroun en remplacement de Roland PRE. Le nouveau patron coloniale multiplie des manœuvres pour anéantir l’UPC : intimidations, empridonnements, assassinats, recrutements des agents et infiltrations….

UM NYOBE réfugié à Bomnyebel depuis le 10 mai est obligé de déménager de Limaï le 30 juin 1957.

Dans ce que Pierre MESSMER qualifie de « négociation de la dernière chance », il charge Mgr Thomas MONGO, de solliciter une rencontre avec UM.

Le 1er octobre 1957, Ruben UM NYOBE secrétaire général de l’UPC, Théodore MAYI MATIP, président de la JDC, une militante de l’UDEFEC, Pierre YEM MBACK, chef du secrétariat de l’UPC et son adjoint rencontrent Mgr Thomas MONGO. On s’apercevra plus tard que le but était simplement de localiser le leader nationaliste. Contrairement à sa promesse de discrétion, le calotin rendra publique sa rencontre sur la place du marché.

La traque du Mpodol pouvait commencer. Pour accomplir la salle besogne, l’armée coloniale amène de l’Afrique occidentale ou du Tchad ses meilleurs tirailleurs. La campagne intensive que mènent les troupes coloniales contraint Ruben UM NYOBE à se déplacer de refuge en refuge, de maquis en maquis, sans armes et sans véritable protection. Dans une atmosphère de délation et de ralliement à l’administration coloniale le secrétaire général préfère se déplacer avec une équipe réduite pour plus de discrétion. Sa mort est officiellement annoncée le 13 septembre 1958.

Après la mission Mgr MONGO au Maquis, mission qui consistait à localiser le leader nationaliste et de s’assurer que que tous les autres agents infiltrés sont en place, l’administration coloniale lance la traque contre le Secrétaire Général de l’UPC.

Le 6 septembre 1958, sur proposition de MAYI ma MATIP et malgré l’opposition de UM NGOS, la décision est prise de suspendre l’activité du Grand Maquis (GM) et décidé de se réfugier provisoirement au maquis de MBED LIBOT pour ensuite rejoindre celui de HOP BEA. De toutes les façons, l’e évêque ayant rendu publiquement de rencontre, l’équipe ne pouvait rester longtemps au même endroit.

La mission de reconnaissance est confiée à Antoine de Padoue YEMBEL NYEBEL.

Le Haut commissaire Jean Ramadier avait annoncé le 18 août 1958 que tous les maquis de la Sanaga Maritime sont désormais localisés, cette information a eu comme effet la baisse du moral dans le maquis et une progression dans les rangs de ceux qui, comme MAYI MATIP prônent le ralliement. UM dans un coup de colère demandera à tous ceux qui ne peuvent plus tenir de sortir et de le laisser continuer le combat même seul.

Le 7 septembre 1958, c’est le nouvel agent de liaison YEMBEL NYEBEL Antoine de Padoue, remplacant de LISSOK Samuel passé dans le camp ennemis qui quitte le GM pour inspecter les environs, avaluer la distance qui sépare les deux maquis et transmettre quelques messages. YEMBEL, depuis sa disparition et réapparition mysterieuse du 10 janvier au 13 mars était devenu suspect, mais la nécessité de survie obligeait à lui confier cette mission en désespoir de cause. Il faut noter que UM NYOBE était un résistant pacifiste. Dans son maquis, personne ne portait l’arme. Seule la vigilance et la loyauté faisaient leur sécurité.

Le 9 septembre 1958, UM NYOBE signe la recommandation numéro 4 et donne des instructions pour sa diffusion. Tous les membres du Grand Masuis attendront la tombée de la nuit pour partir sous la conduite de l’agent de liaison Antoine de Padoue NYEMBEL YEMBEL. Il pleut des cordes. La délégation s’egare dans la forêt. Ce qui ressemble déjà à un subterfuge. NYEMBEL connaissait cette zone du bout des doigts. Il l’avait tellement sillonné de jours comme de nuits, du temps de pluie que du soleil qu’il ne pouvait nullement se perdre. La delégation cherche à atteindre la grotte de MBEND une espèce de salle d’attente située à l’entrée de son maquis et se retrouve à l’entrée de Liaa li Njé. Fatigués, UM et ses compagnons décident de s’arrêter et d’y passer la nuit. Le Mpodol fait de rêves prémonitoires et les raconte à sa compagne.

Le 8 septembre 1958, la dizaine de membres du GM à savoir :

  1. Ruben UM NYOBE, (SG de l’UPC),
  2. Maria NGO NJOCK (compagne du Mpodol) et son bébé Daniel UM NYOBE,
  3. Ruth NGO KAM (gouvernante du GM),
  4. Samuel UM NGOS (gardien du GM),
  5. Jean Marc POHA (cuisinier du GM)
  6. Pierre YEM MBACK (chef de secrétariat administratif/bureau de liaison)
  7. Théodore MAYI ma MATIP (président de la Jeunesse Démocratique Camerounaise) et
  8. Antoine de Padoue YEMBEL NYEBEL (agent de liaison) se prépare pour le déménagement. Ruben UM NYOBE, malgré cette situation d’insécurité sur sa personne et ses compagnons, malgres la pression due aux trahisons internes et externes, croit à bla justesse de la cause et à la victoire. Ce jour, il âprete le texte de la recommandation n° 4 et le confie à YEMBEL NYEBEL pour dactylographie.

Le 10 septembre 1958, alors que les autres membres se reposent encore, MAYI ma MATIP fait ses prédictions et annonce que la journée sera très bonne. Le gardien UM NGOS inspecte les environs et découvre les traces des militaires. Il retourne et informe discrètement YEMBEL Les deux se rendent au maquis du haut ONG pour chercher un guide qui les aiderait à quitter à et endroit où leur sécurité était menacée. Ils n’informent ni UM NYOBE, ni YEM MBACK. Vers 17 heures, ils sont à ONG et Daniel NGWE BIN accepted de les accompagner à la grotte de MBEND. Ce n’est qu’à 3 heures qu’ils y arrivent. MBEND est absent. Son attention à été attirée par les pleurs du nourrisson Daniel UM NYOBE venant de LIAA LI NJE et il y a fait un tour. Il reviendra un quart d’heure plus tard et informera ses hôtes qu’il a visite l’équipe du GM. La curiosité est qu’il leurs demande de passer la nuit et ils acceptent.

Lisez la suite : 11 Septembre 1958 : La passion du Mpodol Ruben Um Nyobe

Hilaire Hamekoue
Journaliste

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

16 + neuf =