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L’histoire remonte au XVIème siècle, en Allemagne. Martin Luther (1483-1546) était le fils d’un mineur de la région de Saxe, aujourd’hui située à l’est de la République d’Allemagne. Il était étudiant en droit à l’université d’Erfurt.

En 1506, à l’âge de 23 ans, Martin Luther est emporté par une violente tempête, mais survit. Persuadé d’être le sujet d’un miracle, il décide alors de devenir prêtre. Les 6 ans suivant cet évènement, il reçoit un enseignement de théologie au couvent de Erfurt.

En 1516, il est nommé professeur de théologie à l’université de Wittenberg où il tient des cours sur l’interprétation de la Bible.

Martin Luther est convaincu que l’interprétation de la Bible de l’Eglise Catholique est erronée. Il affirme que selon celle-ci, l’Homme est pêcheur et ne peut échapper à cette nature. Selon lui, la seule manière d’accéder au paradis est la grâce divine. Les prières et les rites seraient donc inutiles. Il pointe alors du doigt le clergé, à cette époque très puissant, et le désigne comme inutile.

C’est l’origine du terme « évangéliste » : selon Martin Luther, l’évangile doit être mis en avant, et non le Clergé.

En 1516 dans la tour du château de Wittenberg, il affirme que Dieu lui a parlé et qu’il lui a dit que l’Eglise Catholique faisait fausse route dans son interprétation de la Bible. En d’autres mots, Dieu lui aurait dit en personne qu’il a crée l’homme pécheur et qu’il ne peut pas échapper à cette nature et sauf Dieu peut le sauver.

Conséquence : toutes les messes des dimanches, toutes les prières ne servent à rien. Et donc que c’est toute l’organisation du clergé catholique qui est inutile pour entrer au paradis.

Et que seule la grâce divine peut sauver, rien d’autre.

En conclusion, Dieu lui aurait dit que seul l’évangile contient la vérité qui n’a pas besoin d’un prêtre pour être interprétée et qui reste donc la seule source pour être sauvé. C’est d’ici que viendra le mot « évangélistes » ou « Eglise Evangélique » ou l’Eglise qui met l’Evangile en avant et non le clergé.

Une année plus tard, en 1517, le Pape Léon X veut construire une nouvelle Basilique à Rome, ce qui est connu aujourd’hui sous le nom de la Basilique Saint Pierre de Rome. Mais il n’a pas d’argent. Et il ne sait pas comment convaincre les fidèles à contribuer autant d’argent pour une œuvre aussi gigantesque.

Et puis, il décide ni plus, ni moins que de vendre aux plus riches, les places au Paradis, en effaçant tous les péchés d’un individu durant toute sa vie, contre de l’argent. Cela prendra le nom des “Indulgences”. Leon X organise une sorte d’appel d’offre pour vendre en gros et au plus offrant, ses places au Paradis.

Le diocèse de Luther est Mainz (Mayence) ville située sur la rive du Rhin. Son archevêque s’appelle Albert de Hohenzollen.

Pour remporter l’appel d’offre pour son diocèse, Albert de Hohenzollen est obligé par le Pape à anticiper toute la somme exigée par le Vatican à Rome et donc, d’acheter ces places en gros pour ensuite les re-vendre au détail à ses fidèles en réalisant d’importants bénéfices au passage. Une fois payé par avance ses places au Pape, l’Archevêque Albert de Hohenzollen a besoin d’un bon commercial pour les revendre à son tour. Il fait appel à un prêtre de l’Ordre des Dominicains, du nom de Johann Tetzel (1465-1519), un très bon commercial, très efficace avec ses slogans et qui va passer à l’histoire comme l’inventeur du premier slogan publicitaire en 1515 qui disait en allemand :

« Wenn das Geld im Kasten klingt, Die Seele aus dem Fegefeuer springt ! »

C’est-à-dire : « “Lorsque l’argent résonne dans le coffre, l’âme bondit du Purgatoire (vers le Paradis)”. »

Cette marchandisation du Paradis va faire réagir Luther qui publie en 1517 ses 95 thèses pour prouver que tout cela n’était pas sérieux.

A ces 95 thèses de Luther, en 1518, Johann Tetzel va riposter avec ses 100 anti-thèses, contre Luther.

Luther a été très malin. Au lieu d’envoyer ses 95 thèses au Clergé, il les affiche au portail de son diocèse. Et c’est donc, toute la population qui est au courant et adhère à ses idées. Avant, la Bible étant sacrée, n’était lue et interprétée que par les prêtres qui pour avoir le pouvoir sur les populations, devaient maintenir celles-ci dans l’ignorance et l’analphabétisme.

Puisque Luther dit que désormais on n’a plus besoin de Prêtre, cela veut dire que chacun doit lire lui-même la Bible. Et pour y parvenir, il faut donc qu’il apprenne d’abord à lire et à écrire.

Il est condamné par le Pape et devant l’empereur Charles V, il dit que devant sa conscience, il ne retire rien de ses propos. Il doit être brûlé vivant comme le veut le Pape, mais l’empereur décide de laisser partir. Et à la sortie de la ville où on le laisse, il est séquestré par un groupe de dix hommes à cheval qui le conduisent pour le cacher dans une forteresse à Wartbug. C’est la résidence du prince de Saxe Frédérique. Il a donner carte blanche à Luther de développer ses idées, qu’il va ensuite utiliser pour croire sa popularité contre l’empereur catholique soutenu par Rome.

En 1526, c’est la Diète (Reichstag) de Spire où l’empereur Charles V reconnait :

– la question religieuse doit avant tout être affaire des princes dans leurs états respectifs. Cela va anticiper la Paix d’Auguste de 1555, pour éviter la guerre religieuse entre
Catholiques et Protestants. Le Vatican est contre.

En 1529, 3 ans après Charles V fait marche arrière et annule les décisions de la Diète de 1526. Les princes des Lands de Saxe, Brandebourg et Hessen, refusent d’abolir les principes luthériens, à travers une déclaration commune adressée à l’empereur Charles intitulée : « Nous protestons ». L’église catholique va donc utiliser ce mot pour les désigner, les « protestants », pour éviter de mettre en avant le fond de leur philosophie : Les Evangélistes.

Tout cela va déclencher sur la « Guerre des Trente Ans » de 1618 à 1648 opposant les catholiques contre les Evangélistes d’Europe que les catholiques appellent « Protestants ». D’un cotés les Anglo-Saxons, c’est-à-dire l’union entre les Anglais devenus eux aussi « protestants » contre Rome et les Saxes allemands.

Elle va se solder en 1648 par les Traités de Westphalie, avec un bilan très lourd de 2 millions de morts sur une population européenne totale à l’époque de 15 millions d’habitants.
En effet, le 24 octobre 1648 sont publiés les traités négociés en Westphalie (province occidentale de l’Allemagne). Ces Traités Stipulent que désormais, les princes peuvent imposer leur confession à leurs sujets : catholique, luthérienne ou calviniste, selon le principe : « cujus regio, ejus religio » (tel souverain, telle religion).
Le pape Innocent X condamne ce principe mais, aucun gouvernant ne se soucie de son avis.

C’est la fin de deux siècles de règne de la prestigieuse dynastie des Habsbourg, l’empereur allemand, titulaire du Saint Empire romain germanique (Catholique) se retrouve sans plus réel pouvoir politique qu’il partage désormais avec 350 principautés, chacune libre d’exercer la religion qu’elle veut et non plus seulement le catholicisme. Ces principautés deviennent : catholique, luthérienne ou calviniste, en application du : « cujus regio, ejus religio » (tel souverain, telle religion).

A la course à la colonisation de l’Afrique, l’Allemagne a la Namibie, la Tanzanie, le Togo et le Cameroun. Et ce sont d’abord les Missions plus influentes financièrement en Allemagne, les Saxons (du Land de Saxe) qui vont s’allier aux Anglais pour envoyer dans les colonies des expéditions de missionnaires Anglo-Saxons. Au Cameroun, ce sont les pasteurs suisses de la Mission de Bâle et les presbytériens américains, les anglicans Anglais, qui courent occuper les âmes libres du Cameroun.

Ensuite, c’est le tour des catholiques, la confrérie des Pères Pallotins. Mais ces “protestants” arrivés les premiers, ne veulent pas de mission catholique au Cameroun Allemand.

A suivre…

Jean-Paul Pougala

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