thomas sankara, écolier
Thomas Sankara, écolier
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A cette date, le pays deviendra indépendant. Le nouveau drapeau du pays bientôt indépendant lui est présenté. Le petit Thomas Sankara demande pourquoi il faut attendre ce 5 août pour opérer des changements. On lui fait comprendre que les Colons n’admettront pas l’anticipation.

Le drapeau national ne sera hissé qu’après la proclamation officielle de l’indépendance du pays. Thomas est fâché. Il arrache une feuille vierge de son cahier et y matérialise le nouveau drapeau voltaïque aux couleurs Noir Blanc, Rouge (les couleurs du drapeau du pays au temps où il s’appelait la Haute Volta). Il n’a pas du temps à perdre. Les Blancs doivent partir.

Ce premier août 1960, il rassemble les écoliers de l’école autour du drapeau du colonisateur et leur dit :

« II paraît que dans quatre jours, la force de ce drapeau va finir. Ceux qui veulent attendre encore quatre jours n’ont qu’à attendre. Nous, on n’a pas de temps à perdre ».

Joignant l’acte à la parole, Thomas fit immédiatement descendre le drapeau colonial, attacha la feuille sur laquelle fut matérialisé le nouveau drapeau, entonna seul un “hymne national” qu’il venait d’improviser, et fit monter les nouvelles couleurs de la Haute-Volta sous les applaudissements de ses camarades.

« Voilà, nous sommes indépendants ici à l’école »,

déclara-t-il à ses camarades.

Les petits Blancs, écoliers eux aussi, qui ont assisté à cette scène jugée téméraire, ne veulent pas avaler aussi facilement cette humiliation. Dès que Thomas Sankara tourna le dos, ils s’emparèrent du “drapeau de Thomas”, le firent descendre, l’arrachèrent et coururent dans leur famille. Thomas fulmine de rage. Il désigne certains de ses camarades, dont son frère cadet, et leur confie cette mission :”rejoignez les dans leur maison. Même si leurs parents sont présents, ne ressortez pas sans notre “drapeau”. Ainsi dit ainsi fait. Les petits Blancs sont envahis dans leur propre cour et voilà la mission accomplie.

Pour le Commandant du peloton, cela est une provocation de Joseph Sankara, père de Thomas Sankara par son fils interposé. Il ne pouvait s’imaginer un tel scénario à une telle époque. Alors, il fait convoquer le père et lui intime de “régler” le comportement de son enfant. Mais le père ne tremble pas. Il affirme que son fils est bien droit et le régler serait au contraire le tordre. L’incident sera clos quand le père bénéficiait de l’appui de la population.

Jonas Hien

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