Franc CFA en Afrique francophone
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Conformément au calendrier impérialiste français, chaque deuxième semaine du mois d’octobre de chaque année, les Ministres des finances des zones « franc » se sont encore trouvés à Paris autour du Maître colon pour discuter de l’avenir du Franc CFA.

Pendant que deux des élèves de la FrançAfrique avaient leur feuille de route bien fiscellée, pour soit disant magnifier la stabilité monétaire du CFA, la grande majorité a atterri à Paris avec des idées basses. Ainsi de ce rituel néocolonial, il est ressorti que les esclaves financiers consentent à une reforme ambitieuse du Franc CFA qui consistera à changer de nom et de lieu d’impression. En ce qui concerne les aspects néfastes du Franc CFA sur les économies africaines résumés en quatre principes, selon les accords monétaires avec la France, il n’y aura pas de changement. Ces principes s’égrainent ainsi qu’il suit :

  • Le principe de la libre convertibilité

Le franc CFA n’est accessible qu’à une seule monnaie comme le franc français hier aujourd’hui l’Euro. Toutes les autres devises font l’objet d’arrangements, mais uniquement sur ses zones d’émission. C’est-à-dire sur les territoires des quinze pays Africains répartis en trois zones monétaires. Une fois sortie de sa zone d’émission le Franc CFA devient juridiquement sur le marché de change un simple papier au même titre que celui des toilettes. C’est une monnaie d’arnaque. Car les pays qui commercent avec les pays du Franc CFA sont contraints de laisser se développer sur leur territoire des faux monnayeurs. Ce qui revient une charge supplémentaire pour le citoyen lambda.

  • Le principe de la fixité des parités.

Le taux de change entre le Franc CFA et l’Euro est fixe et immuable. Il ne bouge pas : 1 euro donne 655,957 Franc CFA.

Les inconvénients du principe de la fixité des parités fait de ce taux fixe un dépouilleur de notre pouvoir monétaire. Nous n’avons pas la possibilité alors de dévaluer et de réévaluer notre monnaie quand nous le+ jugerons opportun. Donc nous ne pouvons pas parler de protectionnisme monétaire. Pire encore , lorsque le dollar passe sous la barre de l’Euro , comme c’est le cas depuis sa création, les produits des pays de la zone franc perdent par voie de conséquence 40% de compétitivité sur le marché international !

  • Le principe de la libre transférabilité :

Au nom de ce principe, les investisseurs étrangers notamment européens, sont non seulement autorisés à transférer leur bénéfice, mais aussi leurs capitaux initialement investis. Toute chose qui rend impossible la constitution d’une épargne nationale et continentale sans lesquelles on ne peut pas parler d’investissement solide et véritable. Il est impossible dans ces conditions de constituer le capital indispensable pour maitriser l’économie. En un mot, on ne peut pas créer une classe d’hommes et de femmes opérateurs économiques à même de porter l’économie. Du coup les plus riches ne deviennent des hommes d’affaires mais des hommes politiques et des hauts fonctionnaires. C’est un système qui encourage le vol, le détournement et le blanchiment d’argent.

  • La centralisation des changes (Les comptes d’opération)

Les Africains membres de la zone F CFA sont obligés de créditer leur compte en France avec les recettes de tous les produits exportés et vendus en d’autres devises. Et cet argent est gardé pendant 12 mois dans ces comptes par la France. Ce sont nos devises issues de ces comptes que la France utilise pour endetter les pays africains. En somme, la France prélève une partie de nos devises qu’elle garde par devers elle pour nous en faire cadeau sous la forme d’aide publique au développement. Et comme à l’accoutumée les dirigeants africains, comme des applaudimètres, n’appellent que des louanges de leur bienfaitrice.

Pour rappel, les Africains, pour alimenter les comptes que la France a ouvert au Trésor français pour eux, sont tenus de déposer 100% de leurs devises, c’est-à-dire leur réserve de change dans ces fameux comptes.

C’est en 1973 que ce taux est passé de 100% à 65% et le 20 septembre 2005 ce taux passera de nouveau de 65% à 50% pour les pays affiliés à la BCEAO et en 2009 pour les pays de la BEAC.
Désormais, les pays membres de la BCEAO et la BEAC, déposent 50% de leur recette au Trésor public français. Ce principe oblige les pays de la zone franc à une politique monétaire de contrôle de l’inflation au lieu d’une politique de croissance indispensable pour nos économies.

Les Conséquences directes de ces quatre principes peuvent se résumer comme suit :

L’Afrique de la zone franc CFA, représente la partie du monde la moins industrialisée. Elle enregistre le plus faible taux des IDE (Investissements Directs Etrangers). Par exemple, La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao depuis 59 ans d’indépendance, n’est toujours pas en mesure de transformer son cacao en produit fini. Le Burkina Faso et le Mali qui sont les plus grands producteurs de coton, sont jusqu’à ce jour, les plus grands friands de la lingerie usagée et autres friperies en provenance de la France. Et que dire des serviettes hygiéniques indispensables à l’intimité des femmes africaines, parachutées sur le continent et faites pour la plupart à base de papier recyclé cancérigène. L’intimité de la femme africaine est alors considérée comme un dépotoir pour l’occident. C’est pour cela que l’émancipation de la femme africaine requiert le boycott sans appel de toutes ces substances cancérigènes qu’elles appliquent sur leur corps. Quelle fierté pour le continent Africain si l’hygiène intime de ses femmes est contrôlée par autrui ?

Autre exemple, Le Niger, quatrième producteur mondial d’uranium, ne recevait que 7% de son exploitation par la Société française Areva (deuxième producteur mondial avec 40% de son approvisionnement au Niger). Cette fameuse société a un Chiffre d’Affaires qui vaut plus de quatre fois le budget de la république du Niger. Mais grâce à la détermination exceptionnelle des deux derniers Chef d’Etat Mamadou Tandja et Mahamadou Issoufou et grâce à la pression syndicale, ce taux a été haussé à 12% en 2014. Cette même société Française reverse au Kazakhstan (18,5%) de sa production. Aujourd’hui encore, le Niger reste l’un des pays les plus pauvres de la planète avec son lot quotidien de délestage. Des exemples plaisent à foison, passons !

Que veulent les peuples Africains ? L’Afrique de la zone franc a besoin d’une rupture ambitieuse avec le Franc CFA et non d’une réforme. C’est purement une injure aux aspirations de la Jeunesse Consciente Africaine en ce 21ème siècle que des Chefs d’Etat Africains soient incapables de s’assumer. Et que dire de l’élite africaine engagée, à qui il est interdit de défendre les aspirations des peuples africains ? Ce fut le cas naguère de l’Ambassadrice de l’Union Africaine aux Etats Unis, Arikana Chihombori, limogée sur ordre de la France pour avoir critiqué le péonage français sur les pays de la zone franc. Aucun dirigeant africain n’a osé lever audacieusement le petit doigt. Quel anachronisme ! Nous réaffirmons: « le nerf de la politique impérialiste française en Afrique est le franc CFA, sève nourricière de la misère africaine ». La France contrôle tout en Afrique jusqu’à l’Union Africaine et les pays de la zone franc en sont sa possession.

Encore une fois, la domination d’une nation réside dans le contrôle de sa monnaie. Quiconque contrôle l’émission monétaire d’une nation contrôle son pouvoir militaire, social, politique, économique et financier. Il faut que les peuples africains reprennent leur destinée en main, en se démarquant de l’anachronisme des chefs d’Etat Africains. Ainsi verra le jour, le printemps des francs CFA. L’Afrique en a souffert du mensonge servi à ses vaillants peuples. Et quand le mensonge de l’homme politique africain s’accouple aux opportunités occidentales, l’inceste né de cette honte n’est rien d’autre que la politique politicienne malheureusement prisée par les chefs d’Etats Africains.

Œil D’Afrik
Le Président
Larba Israël LOMPO

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