jean paul pougala, confinement covid-19
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En ce début du mois d’avril 2020, c’est la course à quel pays africain va offrir la plus grande enveloppe pour les mesures d’accompagnement au confinement à venir de sa population.

Le plus frappant dans cette course vers le mur dressé devant nous, est que personne ne se pose la plus évidente des questions : qui va payer la facture ?

On a l’impression que les africains attendent toujours que les sauveurs arrivent d’ailleurs. Il faudrait que nous commencions à nous rendre compte de nos véritables faiblesses, celles d’un déficite de production de richesses.

En temps normal, au lieu d’aller à la plantation et à l’usine pour produire la richesse à épargner pour attendre les moments de crise, comme celui-ci, nous passons le plus de notre temps précieux à débattre des futilités : football, musique, démocratie, tribalisme, Allah, Jésus etc.

Nous devrions maintenant, prendre conscience que nous sommes vraiment les seuls de cette planète à oublier de prévenir les crises, à ne pas épargner pour attendre les mauvais moments.

Et maintenant, que la crise est arrivée sans anticipation, sans prévention, sans épargne, certains voudraient qu’on hypothèque le futur des enfants de nos enfants, pour singer les plus riches que nous, et faire comme on l’a vu faire en Allemagne (51 milliards d’Euros mis à la disposition des entreprises), ou aux Etats-Unis d’Amérique.

On oublie vite que nous n’avons pas les moyens de ces pays. Le Pays-Bas par exemple l’a dit : “Nous n’avons pas les moyens financiers pour confiner nos populations”. Et ils n’ont confiné personne. Compte tenu de leurs moyens limités, ils ont opté pour une méthode intelligente de tester beaucoup de personnes et ne confiner que les positifs. Le président du Bénin a opportunément choisi une voie similaire, en tenant compte de la particularité de son pays.

En Afrique, nous voulons juste copier les autres, à la mode. Les chinois ont confiné 51 millions de personnes, oui. Mais ce qu’on ne nous dit pas est que ces populations recevaient gratuitement à manger tous les soirs. Avons-nous les moyens d’apporter à manger gratuitement à nos populations à confiner ?

Encore faut-il qu’il y ait de la nourriture disponible à offrir aux personnes à confiner. Et c’est là notre plus grande faiblesse.

Malgré son très grand niveau de développement technologique, la Suisse ne renonce pas à l’agriculture et à l’élevage, convaincue qu’il n’y pas de dignité pour un peuple qui se fait nourrir par un autre.

Où est notre dignité de penser à tous les détails peu nécessaires, en oubliant le plus important, celui de solutionner le problème des besoins primaires alimentaires de nos populations ?

Jean-Paul Pougala