Cardinal Christian Tumi
Cardinal Christian Tumi
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Le Cardinal Christian Tumi a vécu 91 ans. Il aurait réédité l’exploit de sa mère Catherine Lahka Tumi décédée à l’âge de 118 que cela n’aurait étonné personne.

Né le 15 octobre 1930 à Kikaikelaki dans l’arrondissement de Kumbo, Christian Wiyghan Tumi fait ses études secondaires dans les séminaires diocésains d’Ibadan et d’Enugu au Nigéria.

Après des études en théologies à l’institut catholique de Lyon où il obtient une licence, il intègre l’université de Fribourg en Suisse où il décroche un doctorat en philosophie.

Elu le 23 avril 1982 vice-président du conseil épiscopal national, avant d’occuper le poste de président de 1985 à 1991, le prélat a connu une vertigineuse ascension.

Après avoir été ordonné prêtre le 17 avril 1966 à Soppo Buea. Il fut le premier évêque du diocèse de Yagoua.

Le 17 mars 1984, il est nommé archevêque et depuis 2009 il est archevêque émérite de Douala. Fait cardinal par le pape Jean Paul II, il a participé au conclave d’avril 2005 qui a élu le pape Benoit XVI.

Tout au long de son ministère, il a cultivé l’image d’un bon père de famille. Il avait une obsession pour la vérité.

« Je ne suis pas le porte-parole du gouvernement, je ne suis pas employé du gouvernement…. Je vais prêcher la vérité…. Personne n’a le droit de me dire de prêcher le contraire, parce que j’ai été appelé par Dieu »,

avait-il tenu tête aux combattants séparatistes lors de sa captivité.

Celui qui parle en dehors de son dialecte natal le Nso, le pidgin, l’anglais, le français, le Haoussa et le latin, avait pris sa retraite le 17 novembre 2010.

Apôtre de la résolution pacifique de la crise qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où il a toujours prôné le dialogue, il a été mal compris par les différents protagonistes.

Celui qui n’a cédé ni à Ahmadou Ahidjo, encore moins à Paul Biya, a toujours condamné le cercle vicieux de la violence en vouant aux gémonies aussi bien l’unilatéralisme du régime de Yaoundé que le radicalisme des indépendantistes anglophones qui tentent à tout prix, fût-il celui du sang d’imposer leur vision.

Boubakary Moussa